10 octobre 2008
Rencontre Association Française des Banques avec les syndicats
A la demande de la CFDT, Ariane Obolenski, la Directrice générale de l’AFB (Association Française des Banques) et de la FBF (Fédération Bancaire Française) a reçu les organisations syndicales de la profession ce 7 octobre 2008.
La CFDT a interrogé la représentante de la profession sur la situation des banques au regard des dépréciations d’actifs et des problèmes de liquidités.
Nous l’avons interpellée sur les contradictions entre l'apparente bonne santé affichée des banques et le défaut de confiance entre établissements. Nous avons déploré la poursuite de la concurrence exacerbée entre établissements bancaires dans le contexte de crise grave que nous traversons.
La CFDT a également indiqué qu’une réflexion sur de nouvelles règles de régulation devra intervenir.
Soucieuse de l’avenir des salariés et de leurs conditions de travail, la CFDT a interrogé la profession sur les restructurations possibles induites par la crise, dont celles « souhaitées » par le gouvernement, et leurs conséquences sur l’emploi.
La CFDT a souligné le grand sens des responsabilités des salariés qui font face avec professionnalisme et courage à l’inquiétude des clients, alors qu’ils s’interrogent sur leur propre avenir. Nous avons souligné le manque de communication des Directions d’entreprises à leur égard, qui se contentent de leur fournir des argumentaires commerciaux.
Sur les dépréciations d’actifs, Ariane Obolenski a assuré que les établissements bancaires avaient fait au second trimestre 2008, sous l’égide de la commission bancaire, un travail de transparence.
Elle n’a pas exclu d’autres dépréciations qui ne seraient dues qu’aux règles IFRS (comptabilisation des actifs à la valeur du marché).
Elle a confirmé le gel du marché monétaire et informé que des démarches auprès des régulateurs étaient en cours.
Elle a rappelé que les banques françaises sont mieux armées que d’autres, car mieux capitalisées, et assises sur une activité de banque de dépôt importante. Elle affirme qu’il ne peut y avoir de faillite bancaire en France.
La profession souhaite des décisions européennes notamment sur la question des normes comptables.
Sur les restructurations et l’emploi, elle considère que l’emploi en France dans la banque de détail ne sera pas sérieusement entamé. En revanche la situation est plus difficile dans la BFI qui repense son business model. A plus long terme elle estime qu’on verra sans doute une accélération des mouvements de rapprochement entre banques.
Enfin, elle dit être consciente de la pression exercée sur les salariés et du rôle important qui est le
leur dans la période.
La CFDT partage le besoin d’intervention européenne dans la régulation. Elle prend acte de la confiance témoignée aux salariés et reste vigilante sur la situation de l’emploi dans la profession.
Une nouvelle réunion est programmée pour fin octobre.
08 octobre 2008
Crise financière : les salariés des banques en 1ère ligne
Depuis des mois, mais plus particulièrement depuis l’accélération des événements ces derniers jours, les salariés des banques sont en première ligne sur le front de la crise.
Dans les BFI, ils travaillent à sauver ce qui peut l’être.
Dans les réseaux, ils sont au contact direct avec des clients inquiets, déboussolés, voire agressifs.
C’est sur eux que repose le sauvetage d’un système de « banque universelle », censé être le dernier rempart de cette crise qui emporte sur son passage banques et économies réelles.
Et que leur disent les dirigeants de la profession ? Rien, à part des argumentaires commerciaux qui visent à attiser la concurrence quand l’heure devrait être à la solidarité.
La CFDT demande depuis le 30 septembre à être reçue par la FBF. Sans réponse.
Le rétablissement de la confiance ne passe que par les salariés des banques. Il est plus qu’urgent que la profession en prenne conscience.
Crise financière : les salariés méritent des réponses
Le 30 septembre le Président de la République a reçu les dirigeants des Banques et Assurances françaises.
Le système financier français, reposant sur un modèle de banque universelle semble pour l’instant moins exposé à la crise.
Les placements des sociétés d’assurance, induits par la nature de leurs activités, sont exposés à un fort risque de dépréciation.
La crise financière d’origine américaine gagne désormais les banques et assurances européennes. La France ne peut seule faire face à cette crise : c’est au niveau européen et international que doivent se prendre les initiatives.
La Confédération Européenne des Syndicats s’est exprimée et a fait des propositions de régulation.
La Présidence française de l’UE doit être l’occasion de poser les bases de cette régulation.
Les épargnants doivent être rassurés sur la solidité du système financier français.
Les salariés du secteur financier, qui peuvent craindre de payer les conséquences négatives de cette crise tant au niveau de leur emploi que de leur épargne salariale, doivent être tenus informés.
L’expression des dirigeants ne peut se limiter à une seule communication commerciale !
Les Fédérations CFDT du secteur financier demandent une réunion d’urgence avec leurs représentants patronaux respectifs, Le traitement cette crise ne peut se limiter à un huis clos entre le gouvernement et le patronat.
Les représentants de salariés doivent jouer pleinement leur rôle.
Communiqué des fédérations CFDT des Banques, des Services, de l'Agroalimentaire, Conseil-Communication-Culture
02 octobre 2008
Tout augmente !
Tout augmente ! C’est la rengaine de cette rentrée 2008. Mais s’il y a bien un domaine dans lequel la CFDT ne le regrettera pas, c’est celui de la mise à la retraite d’office avant 65 ans.
Les mises à la retraite d’office coûtent plus cher. En effet sous l’effet conjugué du plan national pour l’emploi des seniors et des décrets d’application de la loi de modernisation sociale, la mise à la retraite d’office des salariés devient plus difficile et plus coûteuse.
Plus difficile en effet car la mise à la retraite d’office est désormais interdite et aucun accord contraire ne peut l'autoriser depuis décembre 2006. Et même les branches qui avaient signé avant cette date un accord étendu dérogeant à l’article 16 de la loi Fillon -autrement dit « autorisant la mise à la retraite d’office par l’employeur avant 65 ans »- vont voir ces accords devenir caduques au 31 décembre 2009.
Plus coûteuse aussi car un décret d’application de la loi de modernisation sociale a concrétisé, cet été, une des mesures de cette loi : l’indemnité légale de licenciement est sensiblement augmentée et est passée depuis le 21 juillet de cette année de 1/10° de mois + 1/15° de mois au-delà de 10 ans d’ancienneté, à 1/5° de mois + 2/15° de mois au-delà de 10 ans d’ancienneté. (Pour les salariés de l’AFB cette indemnité est majorée : voir article 32 de la Convention Collective).
De surcroit, la contribution versée à la CNAV passe de 25% du montant de l’indemnité à 50% dudit montant à compter du 1er janvier 2009.
Il n’y a donc pas que des mauvaises nouvelles en cette rentrée…


