16 avril 2009
Les syndicats bancaires demandent des comptes sur les paradis fiscaux
Communiqué de presse des fédérations des banques CFDT-CGT-CFTC-FO-SNB/CGC
Les organisations CFDT, CGT, CFTC, FO et SNB/CGC de la banque sont résolues à prendre des initiatives concernant l’implication des banques françaises dans les paradis fiscaux.
Elles prennent acte des listes publiées par l’OCDE mais considèrent que la méthode est imparfaite car elle laisse subsister le secret bancaire.
Elles appellent dès aujourd’hui leurs militants dans les comités d’entreprise, comités centraux d’entreprise, comités d’entreprise européens et comités de groupe à interpeller les entreprises bancaires en leur demandant :
- la liste exhaustive de leurs implantations dans les paradis fiscaux dans lesquels elles sont présentes, soit directement, soit par l’intermédiaire de filiales ;
- la nature de leurs activités dans ces pays et le volume des effectifs concernés;
- l’incidence de ces activités dans leurs bilans et leurs résultats.
Si les entreprises n’étaient pas prêtes à coopérer, les organisations syndicales mandateraient leurs experts comptables sur le sujet afin d’avoir une vue complète de l’activité des banques françaises dans ces territoires.
Elles demandent d’ores et déjà aux entreprises bancaires françaises :
- l’arrêt immédiat des modes de communication basés sur une valorisation implicite de l’évasion ou de la fraude fiscale ;
- un calendrier de désengagement des banques françaises des paradis fiscaux.
01 mars 2009
Fusion Caisses d'Epargne-Banques Populaires : quel avenir pour les salariés ?
Dans le cadre de la fusion Caisses d'Epargne-Banques Populaires, la Fédération CFDT des Banques a demandé la tenue d'une réunion avec François Perol qui vient d'être nommé, non sans polémique, à la tête du nouveau groupe bancaire.
La CFDT souhaite à cette occasion l'interroger sur sa stratégie et les perspectives des salariés face à des restructurations prévisibles étant donné le contexte actuel.
Ci-dessous le texte du communiqué :
Fusion des groupes Banque Populaire, Caisse d’Épargne et Natixis :
La CFDT interpelle François Pérol sur l’avenir des salariés
La fusion entre les groupes Banque Populaire, Caisse d’Épargne et Natixis et la nomination d’un ancien secrétaire général adjoint de l’Élysée à la tête de la nouvelle entité, conduit la fédération CFDT des banques à exposer ses interrogations quant
à la stratégie réelle que sous-tend cette prise de pouvoir de l’État sur les deux banques mutualistes, et ses inquiétudes quant à l’avenir de leurs salariés.
Concernant la nomination de François Pérol, la CFDT pointe un risque, récurrent dans notre pays, de consanguinité entre les pouvoirs publics et les milieux économiques. Comment un haut fonctionnaire peut-il surveiller une entreprise dont il espère qu’elle pourra l’accueillir à un moment ou à un autre ? Et, au final, comment l’État peut-il contrôler un organisme qu’il dirige ?
La CFDT s’interroge quant à la légitimité de l’État à prendre la direction d’un groupe mutualiste. S’agit-il en effet d’une participation temporaire, avec un retrait programmé de l’État à moyen terme, ou d’une participation durable ? Qu’en est-il réellement de la stratégie de l’État ? L’État compte-t-il créer, dans une approche franco-française, un champion bancaire national, maintenu dans son giron ? La CFDT déplore que la question européenne soit absente. Cette approche franco-française ne doit pas exclure une réflexion européenne sur le marché de la banque de détail.
La CFDT a des attentes fortes quant à l’avenir du nouveau groupe :
- Que les dirigeants prennent la mesure du monde mutualiste très décentralisé où les décisions comportent dans une large mesure une dimension très consensuelle ;
- Que les dirigeants assurent l’intégrité et la pérennité de tous les établissements, de Natixis et des réseaux des Banques Populaires et Caisses d’Épargne et rassurent les 120 000 salariés sur l’emploi ;
- Que les dirigeants mettent en oeuvre un dialogue social de qualité au service de l’emploi ;
- Que les dirigeants mettent en place un statut social cohérent et respectueux de l’histoire des groupes fusionnés.
La fédération CFDT des banques demande à rencontrer M. François Pérol afin d’obtenir réponses à toutes ces questions et exige la présence de deux représentants des salariés au conseil de surveillance du groupe
17 février 2009
Hold-up
Cause ou symptôme de la crise ? La question des rémunérations dans les banques est au cœur du débat médiatique depuis des mois. Et de découvrir ce dont la CFDT parle depuis longtemps : l’opacité des modes d’attribution de la rémunération variable, l’énormité des bonus dans certains métiers, l’indécence des dirigeants s’auto-augmentant sans vergogne…
Cette question a été centrale dans le déclenchement des crises, de l’affaire Kerviel à celle des « subprimes ». C’est l’appât du gain qui a poussé un trader peu scrupuleux à détourner les procédures de sécurité de la banque pour « jouer » et tenter de remporter de gros bonus. Une loterie un brin truquée, puisque qu’à ce petit jeu-là, il ne risquait jamais de perdre… le trader ne rend jamais l’argent perdu.
C’est le monde de l’argent facile et de la spéculation qui a pudiquement fermé les yeux de la chaîne de contrôle de la banque sur les dépassements ordinaires des encours joués, cloué le bec des back-offices, ébloui les États-majors. C’est l’attrait du commissionnement qui a poussé les organismes financiers américains à endetter les particuliers les plus pauvres, les agences de notations et les banques à disséminer la patate chaude dans le monde entier, les banques d’investissement à pousser jusqu’au délire les techniques de LBO…
Le salarié de la banque, lui, regarde incrédule sa fiche de paie. Il n’est pas forcément diplômé de polytechnique mais il fait tout de même de savants calculs. Pour évaluer le montant de son solde à la banque une fois qu’il aura payé loyer, charges, carte orange et autre cantine des enfants. Le salarié de la banque, lui, ne va plus sur internet consulter son épargne salariale. Il évite de se souvenir des projets partis dans la fumée de son portefeuille d’actions de la banque, dont 60% à 90% est désormais en cendres.
Du quasi-smicard au multimillionnaire, voici la réalité de ce que l’on appelle pudiquement « l’échelle des rémunérations » dans la banque. L’échelle ? Ou l’ascendeur, qui n’a rien de social, menant au dernier étage de la tour Société Générale à La Défense ? C’est donc à la fois un enjeu de gouvernance des entreprises – cesser de favoriser l’endettement et la spéculation, d’éthique – cesser de payer ceux qui mettent en péril les entreprises, et de justice sociale – donner à chacun les moyens de vivre dignement de son travail, qui est au cœur de la question des rémunérations.
C’est pourquoi la CFDT Banques a réclamé au gouvernement une table ronde pour aborder cette question. La négociation avec les employeurs ne peut en effet à elle seule régler le problème, qui est aussi un problème de régulation économique et sociale. Nous devons aussi agir via notre organisation syndicale internationale UNI finances pour faire avancer le dialogue social européen sur le sujet, et faire cesser le hold-up des banques par leurs dirigeants.
Texte de Véronique Descacq , secrétaire générale de la Fédération CFDT des Banques
23 décembre 2008
La CFDT en tête des élections professionnelles dans les banques
Avec 29,77% des voix, la CFDT progresse dans les comités d’entreprise des banques de l’AFB et du Groupe Banque Populaires. La CFDT progresse sensiblement dans le collège cadres. Détails des résultats.
Les derniers résultats des élections des représentants du personnel dans les comités d’entreprise des banques de l’AFB et du Groupe Banque Populaire, au 30 septembre, ont été publiés le 17 novembre. Ces élections ont enregistré une participation de 67,82 % des inscrits (59,88 % des cadres et 73,06 % des techniciens). Les derniers chiffres connus dataient de 2005.
Ces résultats sont un succès pour la CFDT Banques : la fédération des banques et sociétés financières conforte en effet sa place de première organisation syndicale du secteur bancaire français, avec 29,77 % des voix, devant le SNB (CFE-CGC), FO et la CGT qui ont obtenu respectivement 25,28 %, 15,71 % et 15,62 % des suffrages.
Plus encore qu’une première position confirmée, ce chiffre marque une progression de la fédération : il passe en effet de 29,6 % en 2005 à 29,77 % cette année. Il est à noter que les syndicats SNB et FO subissent quant à eux une érosion de leur électorat, puisque ces deux organisations affichaient respectivement 25,7 % et 16,6 % des voix il y a trois ans.
En terme de répartition, la CFDT maintien sa première position chez les techniciens, avec 31,99 % de leurs suffrages. Dans l’encadrement, la fédération banques de la CFDT demeure à la seconde place, derrière le SNB, mais progresse de 23,84 % à 25,59 % des voix obtenues, tandis que le SNB fléchit de 41,17 % à 38,86 %.
En ces temps de crise financière, ces excellents résultats sont plus que satisfaisants ; ils sont rassurants. Ils prouvent que les salariés font pleinement confiance en la CFDT pour les accompagner au quotidien dans leur parcours professionnel. Les élus CFDT aux comités d’entreprise veilleront particulièrement aux conditions de travail d’hommes et femmes aujourd’hui en proie au doute quant à leur avenir. Attentive et offensive, la fédération banques de la CFDT, alertée par le manque de communication des directions à l‘égard de salariés inquiets, agira avec toujours plus de ténacité pour qu’ils soient respectés.
11 novembre 2008
Non à la dérèglementation sociale pour payer la facture de la crise financière
La crise, qui secoue le secteur bancaire mondial, est celle d’un capitalisme financier sans aucune régulation qui a imposé ses règles de rentabilité à tous prix à l’ensemble de l’économie.
En France, comme en Europe et partout dans le monde, les salariés ont un énorme sentiment d’injustice : ils vont payer, par leurs impôts, par la réduction de leur pouvoir d’achat, par la perte possible de leur emploi, des décisions prises depuis une vingtaine d’années.
Cette recherche d’un profit maximum à court terme pour l’actionnaire a produit de nouvelles inégalités entre les pays et en leur sein.
À l’automne 2008, cette crise financière commence à s’étendre à l’ensemble de l’économie, celle des entreprises de toutes tailles, et à devenir une crise sociale avec suppressions d’emplois et nouvelle perte de pouvoir d’achat des salariés en perspective.
Le gouvernement encourage la déréglementation sociale (heures supplémentaires défiscalisées, négociation de gré à gré du temps de travail et des salaires, travail le dimanche généralisé…).
La CFDT, hostile à cette déréglementation, milite pour une croissance durable et équitable au bénéfice de tous dans le cadre d’un dialogue social de qualité.
La CFDT attend des réponses européennes et internationales
Elle réclame :
• des réglementations bancaires et financières dans l’Union européenne déployées de manière urgente et dotées de dispositifs de contrôle de leur application ;
• l’harmonisation dans l’Union européenne de la fiscalité pour lutter contre le dumping fiscal et faire disparaître au niveau mondial les «paradis fiscaux» ;
• un plan de relance budgétaire européen et des investissements dans la recherche, l’innovation, l’université, la formation et les transports durables ;
• de nouvelles régulations du système bancaire et financier international via notamment la Banque mondiale et le FMI favorisant des activités économiques échappant aux seules politiques de court terme.
La CFDT attend des réponses en France
Elle interpelle l’État et le patronat, et réclame :
• une politique fiscale redistributive avec suppression du «bouclier fiscal », révision et redéploiement des exonérations de cotisations sociales pour favoriser l’emploi, notamment des seniors et des jeunes ;
• la réorientation du budget de l’État vers l’emploi, le logement et la politique de la Ville : de plus grands investissements dans l’élévation des qualifications comme dans l’innovation et la recherche, plus à même de positionner l’économie française dans la mondialisation que les politiques de réduction du coût du travail ;
• la participation responsable du patronat dans les trois négociations en cours (gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, formation professionnelle, assurance chômage) pour apporter des réponses concrètes en matière de sécurisation des
parcours professionnels ;
• l’engagement des entreprises à relancer les négociations salariales et réduire les écarts salariaux.
La CFDT appelle tous les salariés à se rapprocher de ses élus dans les entreprises pour rechercher avec eux les meilleurs moyens de se faire respecter et entendre auprès de leurs employeurs au cours des prochaines semaines et des prochains mois.
25 octobre 2008
Négociations salariales AFB : la CFDT fait des propositions
La première séance de négociation annuelle de branche sur les salaires s’est tenue à l’AFB le 29 septembre. Préalablement la CFDT avait préparé ses revendications dans un groupe de travail fédéral élargi aux DSN des principales banques AFB. Après le discours habituel sur le contexte économique, cette année bizarrement plus sobre que d’habitude, le représentant patronal a écouté les demandes des organisations syndicales.
La CFDT a donc décliné ses revendications :
Egalité professionnelle
Nous voulons négocier un avenant à l’accord de branche :
- qui précise que les indicateurs par métiers doivent être communiqués aux IRP dans les entreprises,
- qui modifie l’article 7-1 de l’accord pour tenir compte de la circulaire du 19 avril 2007 qui interdit le calcul prorata temporis des éléments variables.
Concernant la suppression des écarts nous voulons :
- prendre des mesures volontaristes (individuelles ou statistiques) pour la suppression des écarts dans les 6 métiers ciblés en 2006,
- communiquer les chiffres sur les autres métiers dans la branche.
- communiquer dans les entreprises les données sur les 10 métiers dans lesquels les écarts sont les plus grands.
Evolution professionnelle
La CFDT veut réintroduire dans la CCN un lien entre le parcours dans la classification et/ou le métier et le salaire. Ainsi il faut :
- classer tous les diplômes dans la grille (BTS, Licence, Master, CESB, ITM, Certifications …),
- associer une augmentation à l’obtention de chaque diplôme : 5 % du salaire médian de la catégorie à laquelle on accède dans l’entreprise.
- déterminer un minimum d’augmentation en cas de changement de niveau : 5 % du salaire médian de la catégorie à laquelle on accède dans l’entreprise. La négociation d’entreprise peut adapter cette règle en préférant la référence au métier plutôt qu’à la classification.
Minimas
Nous voulons :
- étendre les minimas à l’ancienneté jusqu’à 20 ans pour les niveaux E.
- augmenter les minimas de un plus que l’inflation sur deux ans soit 10% jusqu’au niveau E, 7% pour les autres.
GSI (Garantie Salariale Individuelle conventionnellement prévue à 3% tous les 5 ans glissants)
Il convient de mettre en place une forme de corrélation entre l’évolution de la GSI et l’indexation des minima.
Après une suspension de séance, la délégation patronale est revenue avec des propositions bien maigrelettes : une augmentation de 3 % des minima et une GSI exceptionnellement portée à 4% cette année.
Ils étudient notre demande de minima à l’ancienneté à 20 ans jusqu’à la catégorie E.
Pour les diplômes ils ne veulent classer que le BTS dans la grille, et bien sur aucune augmentation associée.
Pour l’égalité ils sont d’accord pour demander aux entreprises des statistiques par métiers, mais ce sont les entreprises qui choisiraient les métiers…
Ils sont d’accord aussi pour des entretiens individuels avec les femmes mais il faut attendre la rédaction précise du texte avant de lever toute ambigüité : nous avons souhaité que soit précisé que ces entretiens doivent aboutir à justifier objectivement ou à supprimer les écarts.
10 octobre 2008
Rencontre Association Française des Banques avec les syndicats
A la demande de la CFDT, Ariane Obolenski, la Directrice générale de l’AFB (Association Française des Banques) et de la FBF (Fédération Bancaire Française) a reçu les organisations syndicales de la profession ce 7 octobre 2008.
La CFDT a interrogé la représentante de la profession sur la situation des banques au regard des dépréciations d’actifs et des problèmes de liquidités.
Nous l’avons interpellée sur les contradictions entre l'apparente bonne santé affichée des banques et le défaut de confiance entre établissements. Nous avons déploré la poursuite de la concurrence exacerbée entre établissements bancaires dans le contexte de crise grave que nous traversons.
La CFDT a également indiqué qu’une réflexion sur de nouvelles règles de régulation devra intervenir.
Soucieuse de l’avenir des salariés et de leurs conditions de travail, la CFDT a interrogé la profession sur les restructurations possibles induites par la crise, dont celles « souhaitées » par le gouvernement, et leurs conséquences sur l’emploi.
La CFDT a souligné le grand sens des responsabilités des salariés qui font face avec professionnalisme et courage à l’inquiétude des clients, alors qu’ils s’interrogent sur leur propre avenir. Nous avons souligné le manque de communication des Directions d’entreprises à leur égard, qui se contentent de leur fournir des argumentaires commerciaux.
Sur les dépréciations d’actifs, Ariane Obolenski a assuré que les établissements bancaires avaient fait au second trimestre 2008, sous l’égide de la commission bancaire, un travail de transparence.
Elle n’a pas exclu d’autres dépréciations qui ne seraient dues qu’aux règles IFRS (comptabilisation des actifs à la valeur du marché).
Elle a confirmé le gel du marché monétaire et informé que des démarches auprès des régulateurs étaient en cours.
Elle a rappelé que les banques françaises sont mieux armées que d’autres, car mieux capitalisées, et assises sur une activité de banque de dépôt importante. Elle affirme qu’il ne peut y avoir de faillite bancaire en France.
La profession souhaite des décisions européennes notamment sur la question des normes comptables.
Sur les restructurations et l’emploi, elle considère que l’emploi en France dans la banque de détail ne sera pas sérieusement entamé. En revanche la situation est plus difficile dans la BFI qui repense son business model. A plus long terme elle estime qu’on verra sans doute une accélération des mouvements de rapprochement entre banques.
Enfin, elle dit être consciente de la pression exercée sur les salariés et du rôle important qui est le
leur dans la période.
La CFDT partage le besoin d’intervention européenne dans la régulation. Elle prend acte de la confiance témoignée aux salariés et reste vigilante sur la situation de l’emploi dans la profession.
Une nouvelle réunion est programmée pour fin octobre.


