18 octobre 2009
Mal-être au travail, s’attaquer aux racines du mal
Dans le cadre des actions légales du CHSCT, une expertise sur les risques psychosociaux a été lancée au sein d'une partie de l'Informatique de Cortal Consors. De plus en plus interpellés sur des problèmes de stress liés à des charges de travail et à des pressions trop fortes, la CFDT a donc décidé d'agir pour proposer à terme des pistes d'action.
La question de la dégradation des conditions de travail est de plus en plus au coeur des revendications de la CFDT et pas seulement à cause de l'actualité dramatique qui touche des entreprises comme France Télécom ou Renault. Il s'agit d'un sujet qui concerne beaucoup de secteur d'activité et qui nécessite une véritable prise en charge par les partenaires sociaux.
Vous trouverez ci-joint un article de Jean-Louis Malys, secrétaire national de la CFDT, paru dans le dernier numéro du magazine Syndocalisme Hebdo publié par la CFDT.
“Se tuer au travail ” est une expression imagée qui indique l’engagement personnel dans la tâche à accomplir… Cette expression prend une signification insupportable quand elle s’applique à une femme ou à un homme qui commet l’irréparable en le liant à son vécu dans l’entreprise.
La succession des suicides de salariés à France Télécom ( après ceux de Renault, EDF… ) a permis de rendre visible l’autre effet des mutations, des restructurations et de la crise : celui qui ne touche pas l’emploi mais cette “ face cachée ” des entreprises que sont le travail, son contenu et son évolution.
Ainsi, la question du stress au travail se retrouve à la Une de l’actualité. Le ministre en personne s’en empare, les dirigeants d’entreprise reconnaissent un à un qu’ils ont sous-estimé ce phénomène qui allait être dorénavant pris en charge. L’État lui-même, dans son rôle d’actionnaire comme en tant qu’employeur direct, a sa part de responsabilités et n’a pas de leçon à donner. Pourvu que l’émotion légitime et sa médiatisation ne transforment pas l’enjeu de société ainsi mis au jour en séquence à zapper… en « mode », pour reprendre l’expression du président de France Télécom.
Depuis les différentes actions de la CFDT sur l’intensification du travail – dont l’ouvrage collectif Le travail intenable, publié en juin 2006, était une des contributions essentielles – jusqu’au guide Agir sur les risques psychosociaux, édité en juin dernier, les équipes ne découvrent pas cette situation. Pourtant quelque chose est peut-être en train de changer vraiment.
L’accord sur le stress signé en 2008 a été un premier signe permettant aux employeurs de sortir du déni. Il s’agit maintenant de le mettre en œuvre et de ne pas se laisser entraîner vers de fausses solutions miracles. Cela ne consiste donc pas à aider les salariés à supporter le stress, ni à se contenter de repérer ceux qui seraient prétendument fragiles. La question du stress et globalement celle des conditions de travail doivent se traiter en amont à partir des questions d’organisation du travail, du sens à lui donner, des espaces de dialogue pour en discuter. Il faut s’attaquer à ses racines, en particulier aux objectifs parfois inatteignables assignés en cascade par la hiérarchie, et aux modes de management.
Notre devoir est, en finalité, de lier cet enjeu sur le contenu du travail et ses conséquences au débat essentiel sur la gouvernance des entreprises et sur les critères de gestion qui servent à évaluer ses dirigeants.
13 octobre 2009
La CFDT agit pour un travail de qualité
Depuis plus d’un an, les élus CFDT interpellent régulièrement la direction sur les conditions de travail au sein de l’Informatique qui se sont dégradées surtout depuis la mise en place du projet Schubert.
Surcharges de travail, pressions de la part de la hiérarchie, organisation inadaptée, difficultés de tenir les délais, voilà à quoi sont actuellement confrontés les salariés du service informatique France, une situation qui génère énormément de stress.
Devant un tel malaise qui ne fait que croitre, la CFDTa rencontré à plusieurs reprises la DRH afin de la sensibiliser sur un problème qui ne fait que s’aggraver. Les exemples de Renault et de France Telecom et leurs conséquences dramatiques nous incitent à anticiper.
Prenant conscience de la nécessité d’agir, la DRH a pris des mesures devant améliorer la communication interne, des mesures insuffisantes car incapables de corriger les véritables causes : une organisation déséquilibrée, des effectifs sous-dimensionnés par rapport à la charge de travail, des salariés soumis à une pression constante de la part des responsables hiérarchiques.
Résultat : une situation qui malheureusement perdure et des salariés au bord de la dépression. La CFDT se devait donc d’accentuer la pression pour que cela change réellement.
Des moyens légaux qui ne demandent qu’à être utilisés
Les élections professionnelles de mars dernier n’ont pas seulement permis de renouveler les membres du Comité d’Entreprise et des délégués personnel mais aussi de mettre un nouveau CHSCT suite au vote des représentants du personnel.
Sous l’impulsion de la CFDT, avec le soutien du SNB et des autres élus non syndiqués, le CHSCT a décidé d’agir de manière plus volontariste en utilisant les moyens légaux à sa disposition pour trouver des solutions au malaise grandissant au sein de l’Informatique.
C’est ainsi qu’au cours de la réunion du 25 septembre, les élus CHSCT se sont prononcés à l’unanimité en faveur de la mise en place d’une expertise extérieure sur les risques psychosociaux sur le périmètre du service IT Local France. Lors d’un second vote, ils ont confié au cabinet ARETE le soin de mener cette enquête qui devrait commencer vers la mi-octobre.
La réunion a également permis de mesurer le gouffre qui sépare la direction de l’Informatique et les élus du CHSCT quant à l’appréciation de la situation au sein des équipes concernées. Le CHSCT avait en effet accepté, à la demande de la DRH, de débattre avec le Directeur de l'Informatique mais les élus ne s’attendaient pas au mépris et au déni total de sa part, attitude qui a envenimé les débats et renforcé la volonté des membres du CHSCT d’aller jusqu’au bout de la démarche.
La DRH semblait elle-même embarrassée par la tournure prise par les échanges alors qu’elle allait proposer l’intervention d’un médecin spécialiste de la souffrance au travail. Cette proposition révélait enfin une véritable volonté d’agir. Le CHSCT l’a d’ailleurs rejeté car elle était trop tardive et le consultant en question n’est pas un spécialiste de l’organisation du travail, élément indispensable dans une étude sur les risques psychosociaux.
Comment va être conduite l’expertise ?
Le CHSCT a d’abord tenu à rencontrer les salariés des équipes directement concernés par l’étude. Cette réunion a permis aux élus d’expliquer les raisons d’une telle démarche inédite au sein de Cortal Consors.
Après un historique, les membres du CHSCT ont expliqué le fonctionnement de l’étude qui va reposer sur une collecte importante de documents mais aussi sur des entretiens avec des collaborateurs.
Les élus ont beaucoup insisté sur cette partie car elle doit rendre l’expertise crédible à partir du plus grand nombre de témoignages. Il a donc fallu rassurer les personnes quant à la confidentialité des interviews qui est garanti par les experts. De plus, ces derniers ne doivent rendre des compte qu’au CHSCT étant donne que c’est ce dernier qui les a missionnés.
Dès que l’expertise est terminée, les conclusions seront remises aux élus du CHSCT qui auront alors un outil sur lequel se baser pour faire des propositions.
Agir pour améliorer les conditions de travail
Un constat s’impose. Aujourd’hui, 30 % des salariés européens déclarent que leur travail est source de stress.
L’INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles) estime à 1,6 milliard d’euros le coût direct et indirect du stress pour les entreprises françaises. En Europe, ce coût s’élèverait à 3 % du PIB.
Une réalité qui touche tous les milieux du travail : salariés du secteur privé comme du secteur public, qu’ils soient issus de l’industrie, du commerce, qu’ils soient ouvriers ou cadres. Même si Cortal Consors fait partie d’un grand groupe avancé socialement comme BNP Paribas, elle ne fait pas exception et cette problématique ne concerne pas uniquement l’Informatique.
Pour la CFDT, la question des conditions de travail est donc un dossier très important. Le CHSCT est un acteur indispensable permettant d’intervenir à partir des situations vécus réellement par les salariés.
L’objectif final est de chercher avec ces derniers à trouver des pistes d’action permettant d’améliorer leurs conditions de travail pour leur bien-être, pour les préserver. L’expertise au sein de l’Informatique n’est qu’une première étape dans ce travail de terrain.
Parce qu’il en va de la santé des salariés, la CFDT souhaite que les réflexions soient élargies à l’ensemble de l’entreprise.
La CFDT a décidé d’être présent en nombre au CHSCT afin que le sujet des conditions de travail soit une priorité de la nouvelle instance.
15 octobre 2008
LA CFDT rencontre la DRH à propos de l'Informatique
Suite à la demande de la CFDT, la DRH a rencontré la semaine dernière Pascal Louis et Christophe Rieuze pour faire un point sur l'Informatique.
Les représentants de la CFDT ont en effet voulu alerter la direction sur la situation préoccupante de la DSI qui est confrontée non seulement à des conditions de travail dégradées mais aussi à des problèmes de management.
En ce qui concerne le management, nous avons pu constater de visu et grâce à des témoignages des pressions exercées par une partie de la hiérarchie. Cela se traduit notamment par une attitude méprisante envers certains salariés, de grandes difficultés pour faire confiance et une gestion d'équipe à la hussarde.
Par le passé, certains services ont connu ce genre de dysfonctionnement avec parfois des conséquences dramatiques que la CFDT ne veut pas revoir.
L'autre grande inquiétude concerne les charges de travail au sein des équipes informatiques qui n'ont jamais été aussi importantes et grandes génératrices de stress. Il est vrai que l'accumulation des projets à traiter le plus rapidement possible est une "tradition" mais l'ajout de Schubert a tendance à aggraver la situation étant donné son importance.
La CFDT avait déjà interpellé la direction sur cette question essentielle en insistant sur la nécessité de bien évaluer les impacts de Schubert sur l'activité de l'Informatique. Etant donné certains retours, la crainte de voir les équipes sous-dimensionnées semble malheureusement de plus en plus avérée.
A aujourd’hui, le message ne semble pas avoir été entendu obligeant la CFDT à monter de nouveau au créneau lors de l'entretien avec la DRH. Le danger est de voir les salariés risquer de payer le prix fort, ceci au détriment de leur santé.
Par conséquent, les représentants de la CFDT mettront la question de l'organisation de l'Informatique à l'ordre du jour de la prochaine réunion du CE qui se tiendra le jeudi 23 octobre.
En attendant, il est demandé instamment aux salariés de nous signaler tout problème les empêchant de mener à bien leur travail.


