La direction a annoncé début juillet sa volonté de réduire le nombre des villages qui passera de 9 à 4. Il s’agit d’une nouvelle restructuration qui se met en place alors que la crise pèse toujours sur l’activité de l’entreprise.

Elle va nécessiter de reclasser les salariés directement concernés et de mettre en place une organisation que nous avons du mal à appréhender.

La CFDT

avait réclamé à plusieurs reprises la tenue d’une réunion extraordinaire afin de commencer au plus tôt le processus d’information-consultation sans toutefois se précipiter.

La DRH

et

la CFTC

, majoritaire au CE n’ont pas jugé nécessaire d’accéder à notre demande.

Il aura donc fallu attendre le 23 octobre pour voir le CE être consulté au pas de charge sur un projet qui concerne quand même 22 personnes.

Un dossier incomplet qui n’a pas été remis dans les délais légaux

La CFDT

n’a pas manqué d’insister sur le manque de temps accordé aux élus pour étudier un dossier qui n’a été transmis que 3 jours avant la réunion, un délai trop court qui ne respecte pas les recommandations du Code du Travail. De plus, les documents transmis furent insuffisants : le volet social n’était qu’un copié collé de celui mis en place lors du projet Schubert et le traitement des questions économiques se résumait à une présentation Powerpoint de 10 pages sans éléments chiffrés, ni organigramme.

La stratégie : un retour en arrière aléatoire

Pour la direction, ce projet s’explique par le fait que l’entreprise doit se recentrer sur son activité téléphonique. Cette nouvelle stratégie se justifierait par la clientèle qui aurait modifié ses comportements en utilisant davantage le téléphone. L’amélioration du site internet et un recours plus important aux nouvelles technologies (Iphone) devrait permettre aux équipes commerciales de se concentrer sur la relation téléphonique avec les clients. L’objectif sera alors d’obtenir 2/3 des revenus en ligne contre 50 % en 2008.

Pour mieux comprendre les enjeux, il faut remonter en 2005 lorsque Cortal Consors a repris la clientèle privée de Cardif. Cette opération avait entraîné la multiplication du nombre de villages afin de mieux couvrir le territoire et ainsi améliorer la personnalisation de la relation clientèle. Cette démarche n’a pas duré longtemps car la direction a mis très tôt l’accent sur l’activité téléphonique transformant peu à peu les villages en plateformes décentralisées au grand dam des salariés recrutés dans le cadre du projet d’origine que

la CFDT

avait approuvé.

La CFDT

ne s’est pas privée de critiquer les choix de la direction qui constitue un véritable retour en arrière. Nous ne comprenons pas pourquoi il est nécessaire de revenir à la situation antérieure à 2005 pour réactiver une stratégie qui ne fonctionnait pas. Les conditions de succès d’une telle politique reposent avant tout sur la mobilisation de moyens plus importants. Comme nous avons des doutes sur la volonté de la direction de se doter de moyens permettant une réelle relation téléphonique de qualité avec les clients, un problème récurrent depuis longtemps. De plus, nous ne pensons pas que les « smartphones » (Iphone, Blackberry) soient des vecteurs permettant un développement important de l’activité de Cortal Consors.

L’organisation cible : un manque flagrant d’informations

Les villages de Paris, Toulouse, Lyon et Nice seront conservés et devront couvrir des zones plus larges. Les clients seront regroupés au sein d'un service Nakara qui doit être réorganisé en décembre prochain.

Pour

la CFDT

, beaucoup de questions posées lors de la réunion à ce jour sans réponse. En voici une liste :

A quand la communication d'un organigramme des villages restants ? Comment ces derniers seront organisés, quels seront les effectifs, leurs objectifs ? Comment gérer en matière de rendez-vous des distances plus importantes ? Quelle sera l'articulation des villages restants avec les autres réseaux existants, notamment les Mobile Bankers ? Quel sera l'impact de la réorganisation de Nakara prévue en décembre ?

Ce manque d’informations explique le vote défavorable des élus CFDT qui s’inquiètent également des conditions de travail au sein de la future organisation.

Le volet social : une régression sans aucune concertation

La DRH

s'est contenté de reprendre exactement ce qui avait été mis en place dans le cadre de Schubert. Elle s'est engagée à reclasser tous les salariés concernés de manière à ne pas générer de départs contraints.

La CFDT

regrette que la direction se contente d'appliquer à la lettre, sans négociations, le même volet social que celui de Schubert alors que celui-ci avait été rejeté par les représentants du personnel.

Le changement de stratégie va avoir des impacts négatifs sur le parcours professionnel de certains conseillers financiers. En effet, le rapprochement de 2005 avec Cardif devait normalement offrir de nouvelles possibilités d'évolution. Or, le fait de revenir en arrière constitue pour la plupart des salariés concernés une régression car ils sont susceptibles de retrouver un poste qu'ils avaient quitté dans la perspective de faire évoluer leur carrière.

Concernant les reclassements,

la CFDT

a proposé que la commission de suivi créée pour le projet Schubert supervise également ceux qui seront à gérer au sein des villages.

La DRH

a accepté notre proposition.

C’est le 3ème projet consécutif de la direction rejeté par le CE : Schubert, le rapprochement DAC/B to B et la restructuration des villages.

La CFDT

déplore le fait que la direction ne cherche pas améliorer le processus de consultation des élus grâce à des informations plus complètes et transmises plus tôt.

Cela démontre que le dialogue social dans l’entreprise doit être amélioré surtout sur des sujets essentiels comme l'emploi et les conditions de travail.