Depuis plus d’un an, les élus CFDT interpellent régulièrement la direction sur les conditions de travail au sein de l’Informatique qui se sont dégradées surtout depuis la mise en place du projet Schubert.

Surcharges de travail, pressions de la part de la hiérarchie, organisation inadaptée, difficultés de tenir les délais, voilà à quoi sont actuellement confrontés les salariés du service informatique France, une situation qui génère énormément de stress.

Devant un tel malaise qui ne fait que croitre, la CFDTa rencontré à plusieurs reprises la DRH afin de la sensibiliser sur un problème qui ne fait que s’aggraver. Les exemples de Renault et de France Telecom et leurs conséquences dramatiques nous incitent à anticiper.

Prenant conscience de la nécessité d’agir, la DRH a pris des mesures devant améliorer la communication interne, des mesures insuffisantes car incapables de corriger les véritables causes : une organisation déséquilibrée, des effectifs sous-dimensionnés par rapport à la charge de travail, des salariés soumis à une pression constante de la part des responsables hiérarchiques.

Résultat : une situation qui malheureusement perdure et des salariés au bord de la dépression. La CFDT se devait donc d’accentuer la pression pour que cela change réellement.

Des moyens légaux qui ne demandent qu’à être utilisés

Les élections professionnelles de mars dernier n’ont pas seulement permis de renouveler les membres du Comité d’Entreprise et des délégués personnel mais aussi de mettre un nouveau CHSCT suite au vote des représentants du personnel.

Sous l’impulsion de la CFDT, avec le soutien du SNB et des autres élus non syndiqués, le CHSCT a décidé d’agir de manière plus volontariste en utilisant les moyens légaux à sa disposition pour trouver des solutions au malaise grandissant au sein de l’Informatique.

C’est ainsi qu’au cours de la réunion du 25 septembre, les élus CHSCT se sont prononcés à l’unanimité en faveur de la mise en place d’une expertise extérieure sur les risques psychosociaux sur le périmètre du service IT Local France. Lors d’un second vote, ils ont confié au cabinet ARETE le soin de mener cette enquête qui devrait commencer vers la mi-octobre.

La réunion a également permis de mesurer le gouffre qui sépare la direction de l’Informatique et les élus du CHSCT quant à l’appréciation de la situation au sein des équipes concernées. Le CHSCT avait en effet accepté, à la demande de la DRH, de débattre avec le Directeur de l'Informatique mais les élus ne s’attendaient pas au mépris et au déni total de sa part, attitude qui a envenimé les débats et renforcé la volonté des membres du CHSCT d’aller jusqu’au bout de la démarche.

La DRH semblait elle-même embarrassée par la tournure prise par les échanges alors qu’elle allait proposer l’intervention d’un médecin spécialiste de la souffrance au travail. Cette proposition révélait enfin une véritable volonté d’agir. Le CHSCT l’a d’ailleurs rejeté car elle était trop tardive et le consultant en question n’est pas un spécialiste de l’organisation du travail, élément indispensable dans une étude sur les risques psychosociaux.

Comment va être conduite l’expertise ?

Le CHSCT a d’abord tenu à rencontrer les salariés des équipes directement concernés par l’étude. Cette réunion a permis aux élus d’expliquer les raisons d’une telle démarche inédite au sein de Cortal Consors.

Après un historique, les membres du CHSCT ont expliqué le fonctionnement de l’étude qui va reposer sur une collecte importante de documents mais aussi sur des entretiens avec des collaborateurs.

Les élus ont beaucoup insisté sur cette partie car elle doit rendre l’expertise crédible à partir du plus grand nombre de témoignages. Il a donc fallu rassurer les personnes quant à la confidentialité des interviews qui est garanti par les experts. De plus, ces derniers ne doivent rendre des compte qu’au CHSCT étant donne que c’est ce dernier qui les a missionnés.

Dès que l’expertise est terminée, les conclusions seront remises aux élus du CHSCT qui auront alors un outil sur lequel se baser pour faire des propositions.

Agir pour améliorer les conditions de travail

Un constat s’impose. Aujourd’hui, 30 % des salariés européens déclarent que leur travail est source de stress.

L’INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles) estime à 1,6 milliard d’euros le coût direct et indirect du stress pour les entreprises françaises. En Europe, ce coût s’élèverait à 3 % du PIB.

Une réalité qui touche tous les milieux du travail : salariés du secteur privé comme du secteur public, qu’ils soient issus de l’industrie, du commerce, qu’ils soient ouvriers ou cadres. Même si Cortal Consors fait partie d’un grand groupe avancé socialement comme BNP Paribas, elle ne fait pas exception et cette problématique ne concerne pas uniquement l’Informatique.

Pour la CFDT, la question des conditions de travail est donc un dossier très important.  Le CHSCT est un acteur indispensable permettant d’intervenir à partir des situations vécus réellement par les salariés.

L’objectif final est de chercher avec ces derniers à trouver des pistes d’action permettant d’améliorer leurs conditions de travail pour leur bien-être, pour les préserver. L’expertise au sein de l’Informatique n’est qu’une première étape dans ce travail de terrain.

Parce qu’il en va de la santé des salariés, la CFDT souhaite que les réflexions soient élargies à l’ensemble de l’entreprise.

La CFDT a décidé d’être présent en nombre au CHSCT afin que le sujet des conditions de travail soit une priorité de la nouvelle instance.